


Chaque premier dimanche du mois le musée Guimet ouvre ses portes
gratuitement afin de faire découvrir ses collections permanentes et expositions
temporaires. C'est pour nous une autre façon de voyager.


C’est un lieu que nous affectionnons tout particulièrement car il nous permet de retourner sur le continent asiatique à moindres frais et d’en apprendre plus sur des choses que nous avons observées sans en saisir parfois la portée.

Cette fois-ci nous avons eu une belle surprise en tombant nez à nez avec un pied géant de bouddha piqueté de bâtons d’encens, préfigurant un soin d’acupuncture…
Suite à la lecture du descriptif de l'oeuvre nous avons compris que carte blanche avait été donnée à l’artiste plasticienne Prune Nourry, avec l’exposition « Holy » dont les œuvres (15 en tout) investissent le musée, et cela jusqu’au 18 Septembre 2017.
⥷ « La destruction n’est pas une fin en soi » ⭃
Cette formule de Prune Nourry se manifeste dans toutes ces oeuvres qui dialoguent avec finesse avec les pièces parfois millénaires du musée.
Difficile de rester indifférent à ce Bouddha fragmenté dans tout le musée, et que nous découvrirons des pieds à la tête - du rez-de-chaussée jusqu'au dernier étage, nous permettant même de pénétrer ses oreilles - à la taille de sa sagesse?
Difficile de rester indifférent à ce Bouddha fragmenté dans tout le musée, et que nous découvrirons des pieds à la tête - du rez-de-chaussée jusqu'au dernier étage, nous permettant même de pénétrer ses oreilles - à la taille de sa sagesse?
Cette œuvre met en perspective, depuis les salles Khmers aux expositions sur les Champa du Vietnam, la destruction des Bouddhas géants, à Bamyan en Afghanistan. Ces parties du corps déstructuré d’un Bouddha, éparpillées à travers le musée sont d’autant une évocation plus forte que nous ne les reverrons plus jamais. C’est une œuvre pour nous qui figure de façon subtile la ferveur de l’homme qui peut s’exprimer aussi bien dans la création que la destruction.
De même que les bâtons d’encens plantés dans les parties du corps éparpillées dans le musée rappellent aussi bien les aiguilles d’acupuncture aux vertus curatives que des fléchettes mortelles.

⥷ HOLY DAUGHTER ⭃
D’autres pièces entrent en résonance avec les œuvres du musée et posent des questions sensibles comme la place des femmes dans la société en Inde. Telle que cette statue de petite fille affublée d’une tête et des pis d’une vache. Cette dernière étant considérée comme sacrée, alors que le sort de la première est plus incertain en Inde.
Autre façon de questionner la
place de la femme, dans la société chinoise cette fois-ci avec la réalisation
de 108 statues de petites filles inspirées de l’armée en terre cuite. Réalisées
avec des artisans de la ville de XiAn où a été exhumée la fameuse armée.
Ces 108 statues ont été inhumées dans un lieu tenu secret en Chine et seront exhumées en 2030, date considérée par les démographes chinois comme l’apogée du déséquilibre hommes-femmes en Chine. Une façon artistique de mettre en perspective ces dérapages de l’Homme avec la représentation de ces filles qui ont été rayées de la population.



Une façon rare de mettre en perspective des questions sensibles sur la place de la femme et l’inclinaison antinomique qui peut animer les hommes entre la destruction et la création.
Autant d’œuvres qui ne permettent que d’apprécier d’avantage ces créations humaines qui ont traversé les siècles pour nous parvenir cabossées, en pièces, délavées, déchirées mais qui continuent de nous parler et de nous apprendre de belles choses sur notre passé commun. Cela permet aussi de voir sous un jour nouveau les pièces exposées et de les rendre vivantes.
Que vous soyez hermétiques à l'art contemporain ou asiatique, et nous ne sommes pas des spécialistes 😕, il vous sera difficile de rester insensible à cette conversation muette entre oeuvres modernes et pièces antiques.
Cette exposition est encore bien vivace dans notre mémoire et nous a beaucoup touchés. Nous avons eu l'impression d'être encore plus sensibles aux oeuvres qui nous entouraient ou du moins de les apprécier sous un jour nouveau.

BONUS
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Envie de retrouver les statues d'Angkor dans leur élément naturel? Allez jeter un coup d'oeil à notre article dédié au site cambodgien

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Informations Pratiques
métro Iena (ligne 9)
9,50€ ou 7€ en tarif réduit gratuit tous les 1ers dimanche du mois |
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